La main gauche de la nuit – Ursula Le Guin

Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains.
Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ?
Ce splendide roman a obtenu le prix Hugo et a consacré Ursula Le Guin comme un des plus grands talents de la science-fiction.

Titre original : The Left Hand of Darkness, 1969
Traducteurice : Jean Bailhache

Livre

Roman
Science-fiction
Planet-opera

Représentation

Présentation d’une planète sur lequel les humains (tous genrés au masculin) sont agenre et assexué la plupart du temps (une fois par mois seulement il y a un dimorphisme sexuel provisoire et changeant d’une fois sur l’autre)

TW

Autrice

Editions

Robert Lafont
1971
336p

Poche
Le livre de poche 1979

+

Avis de Eva

4/5

Un grand classique de la science fiction

La main gauche de la nuit, cherche moins à montrer une société ou homme et femmes seraient égaux qu’à montrer un contraste entre deux sociétés, une qui ressemble à la notre, patriarcale, l’autre dans laquelle aucun individu n’est défini par rapport à son sexe.

La première vision est portée par Genli Aï, Premier Mobile envoyé sur Géthen-Nivôse pour jouer les ambassadeur. A ses yeux comme aux nôtres, l’asexualité quasi-permanante des Géthéniens est une bizarrerie à laquelle il est difficile de s’accoutumer.

Le Premier Mobile qui sera éventuellement débarqué sur Nivôse devra savoir qu’à moins d’être un vieillard ou parfaitement maitre de lui-même, il souffrira dans son orgueil. Un homme veut faire valoir sa virilité, une femme sa féminité, si indirect et subtil que puisse être l’hommage qui leur est rendu. Sur Nivôse, cet hommage n’existe pas. C’est uniquement comme être humain qu’on y est respecté et jugé. C’est une expérience bouleversante.

De leur côté, les Géthéniens ont une norme bien différente. Chez eux, les humains passent l’essentiel de leur temps en période de soma, période pendant laquelle ils n’ont pas d’organes génitaux. Leur sexe n’apparait qu’une fois par mois, lors du kemma où chaque individu peut devenir soit mâle soit femelle, sans prédisposition particulière. A leur yeux, le fait d’être sexué en permanence est une perversion.

– Ils sont donc tous, sur ces autres planètes, continuellement en chaleur ? C’est le paradis de la perversion sexuelle. […] C’est peut-être un fait, mais je trouve cela répugnant, et je ne vois pas pourquoi des être humains normaux comme nous autres désireraient ou toléreraient des relations quelconques avec des créature si monstrueusement différentes.

Il y a de nombreuse différence entre les deux sociétés, le jeu consiste alors à faire le rapprochement entre les différences sociales et les différences physiologiques.

Sur Nivôse :

  • N’importe qui peut effectuer n’importe quel travail (parce que n’importe qui peut tomber enceint ?)
  • Il n’y a ni attentat sexuels ni viols (parce que les Géthéniens ne ressentent de l’attirance sexuelle qu’un cinquième du temps ?)
  • Il n’y a pas de dualisme forts/faibles, meneurs/suiveurs, maitres/esclaves, actifs/passifs… (parce que toutes ces oppositions viennent de la binarité originelle entre hommes et femmes ?)
  • Il n’y a pas de guerre (parce que la guerre est une activité masculine ? ou parce qu’il fait simplement trop froid sur Nivôse pour se lancer dans des conflits à grande échelle ?)

Si quiconque, de dix-sept ans jusque vers trente-cinq ans, peut toujours, suivant l’expression de Nim, “être cloué par une grossesse”, il en résulte que personne ici ne peut être “cloué” aussi surement que les femmes ont des chances de l’être ailleurs

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