La triologie des voyageurs – Becky Chambers

NB : les trois tomes de la trilogie des voyageurs peuvent se lire indépendamment et mettent en scène des personnages différents

Tome 1 : L'espace d'un an

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables. Le médecin et cuistot de bord occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort. Le capitaine humain, pacifiste, aime une alien engagée dans la guerre. L’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang. Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an vers une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.

Loin de nous offrir un space opera d’action et de batailles rangées, Becky Chambers signe un texte tout en humour et en tendresse subtile, et réussit le prodige de nous faire passer en permanence de l’expérience d’un exotisme avéré à la sensation d’une familiarité saisissante.

Titre original : A long way to a small angry planet
Traducteurice : Marie Surgers

Livre

Roman
Space opera
Slice of life

Représentation

Couple de femmes (dont une appartenant à un espèce alien polyamoureuse)

TW

Génocide
Fascisme

Autrice

Ownvoice

Editions

L’Atalante
2016
448p

+

Coup de coeur Eva

Tome 2 : Libration

Lovelace, intelligence artificielle née à bord du Voyageur à la fin de L’Espace d’un an, accepte de se transférer à bord d’un corps synthétique. Devenir humaine, une chance ? Pas pour elle : les limitations de la chair l’étouffent. Champ de vision ridiculement restreint, pas d’accès au réseau, réactions physiologiques incontrôlables…
A ses côtés, Poivre, mécano. l’aide de son mieux. Ancienne enfant esclave libérée par miracle, grandie seule sur une planète ravagée, elle aussi a dû lutter pour accéder pleinement à l’humanité et se construire une vie, sinon ordinaire, du moins normale.
Libration – nom d’un point de l’espace en équilibre entre deux astres, zone de stabilité mouvante qui accompagne les planètes dans leur danse – raconte l’histoire de ces deux femmes. Chacune à sa façon s’arrache à une vie liminale pour se tailler une identité, conquérir l’indispensable : la dignité.

On ne croise pas ici les autres personnages de L’Espace d’un an ; Chambers, au lieu de prolonger leur histoire, l’élargit. Sa tendresse et sa lucidité nous offrent des pages déchirantes – l’enfance tragique de Poivre, qui ignore tout de l’amour, et l’isolement de Lovelace, identique à nous mais incapable de vivre comme nous – et un chant d’amour plein de confiance et de courage.

Titre original : A small and common orbit
Traducteurice : Marie Surgers

Livre

Roman
Science fiction

Représentation

Un personnage secondaire pouvant être identifié comme genderfluid

Personnages principaux neuroatypiques ?

TW

– Solitude
– PTSD
– Esclavage et maltraitance d’enfants
– Mort

Auteurice

Ownvoice

Editions

Atalante
2017
384p

+

Coup de coeur Eva

Tome 3 : Archives de l'Exode

La Flotte d’exode est un trésor vieillissant, témoin de la volonté humaine de disséminer ses enfants et sa culture à travers les étoiles. Singulière au sein de la communauté galactique, peu la rejoignent et beaucoup la quittent.
Dans les couloirs de ces vaisseaux naissent, vivent et meurent les spatiaux. Une ethnologue à tentacules, un homme rêvant d’intégrer la Flotte, un adolescent de s’en aller, une archiviste vieillissante qui a connu l’époque où les Humains étaient des parias, une soignante affectée aux soins des morts, et Tessa, soeur d’Ashby, le capitaine humaniste de L’Espace d’un an. Autant de voix qui, humaines ou non, nous racontent le sentiment d’appartenance à un groupe, le besoin central de trouver une place, dans la Galaxie ou dans les cœurs. Des gens ordinaires ; des vies ordinaires : uniques et précieuses.

Après L’Espace d’un an et Libration, Archives de l’exode clôt le premier triptyque de Becky Chambers, pour lequel elle a reçu le prix Hugo 2019 de la meilleure série.

Titre original : Record of a spaceborn few
Traducteurice : Marie Surgers

Livre

Roman
SF
Space Opera

Représentation

TW

Auteurice

Ownvoice

Editions

Atalante
2019
364p

+

Avis de Eva

5/5

J’adore cette série !

Dans les deux tomes que j’ai lu (je n’ai pas encore lu le dernier), on se retrouve chaque fois avec des personnages atypiques qui cohabitent les uns avec les autres. Tous sont très différents, mais leurs différences ne servent jamais d’excuse au rejet. L’acceptation est de mise, et rien que pour cela, il est si doux de lire les romans de la série des voyageurs.

J’ai écrit deux chroniques sur chacun des deux premiers tomes :

  • Ici, où je parle de l’espace d’un an, de la façon dont les personnages arrivent à s’aimer, et de pourquoi il est essentiel d’avoir ce genre de représentation
  • , où je parle de libration, et du traitement du personnage de Lovelace que j’interprète comme étant sur le spectre autistique.

Le seul reproche que je ferais à la série est que si la question de l’identité est abordée, elle l’est par le prisme d’extraterrestre. Aussi, le personnage genderfluid de Libration est-il genderfluid non pas en raison de son genre, mais plus parce que son corps produit des hormones qui changent sa physionomie du tout au tout de façon régulière. De même le polyamour est abordé dans le T1 au travers d’une espèce chez qui avoir plusieurs partenaires est la norme. Or si tout cela reste très réjouissant à lire, j’aimerais voir plus de personnages queers et humain.e.s.

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