Woman World – Aminder Dhaliwal

Woman World est la première BD de l’autrice canadienne Aminder Dhaliwal, qui a frappé fort en proposant une œuvre extrêmement originale, drôle et féministe, qui suscite le rire autant que la réflexion. L’action se déroule dans le futur, alors que les hommes ont progressivement disparu de la surface de la Terre et que les catastrophes écologiques s’enchaînent. Nous suivons la vie d’une communauté de femmes qui vivent, aiment, créent, font des blagues, travaillent, s’inquiètent de leur survie et de celle de l’humanité, fouillent les décombres du monde d’avant à la recherche des traces de la culture du XXIe siècle.

Parmi elle une mairesse nue, une grand-mère qui a connu la vie avec les hommes, une doctoresse, une poétesse, une petite fille conçue par FIV, et plusieurs autres voix qui s’entremêlent pour former cette étonnante BD chorale. Woman World est plus qu’une BD hilarante, c’est aussi un conte philosophique audacieux qui manie brillamment (et avec beaucoup de subtilité) les concepts féministes, une métaphore de notre inertie face à l’urgence climatique et un hommage à la pop culture du XXIe siècle.

Aminder Dhaliwal est une autrice et dessinatrice canadienne qui vit et travaille à Los Angeles où elle dirige le studio Disney TV. Woman World est sa première BD. Elle a rencontré un important succès au Canada. Woman World est plus qu’une BD hilarante, c’est aussi un conte philosophique audacieux qui manie brillamment (et avec beaucoup de subtilité) les concepts féministes, une métaphore de notre inertie face à l’urgence climatique, et un hommage à la pop culture du XXIe siècle.

Titre original : Woman World
Traducteurice : Clémentine Beauvais

Livre

BD
Science-fiction
Humoristique

Représentation

Société futuriste avec uniquement des femmes

Couples de femmes

Personnage secondaire femme trans agée

TW

Auteurice

Editions

La ville brule
2020

+

Avis de Eva

3/5

Pour être honnête, je m’y attendais, mais je n’ai pas accroché. J’ai du mal avec avec les mondes futuristes où les hommes ont disparus : les explications me laissent toujours perplexe, et Woman World ne fait pas exception. Ici, on commence par nous montrer un scientifique qui voit dans une éprouvette la preuve irréfutable que les hommes vont disparaitre, ce qui a l’air de ce voir dès la maternité. Donc on conclu que tout le monde est afab (ce qui ne prend pas en compte toute la diversité humaine et le fait que les catégorie « sexe féminin » vs « sexe masculin » ne sont pas aussi rigides qu’on aimerait nous le dire). Plus loin, on apprend que « tout le monde s’identifie comme femme », ce qui serait une explication qui se suffirait à elle-même (il y aurait des bébés amab mais tous finirait par transitionner), mais si tel était le cas, il ne devrait pas y avoir de problème de reproduction comme c’est le cas dans la BD.

Au final, on dirait que l’autrice n’a pas su choisir entre : tout le monde est afab / tout le monde nait avec un vagin, ce qui créé des incohérences, et c’est dommage. Pour ma part, j’aurais préféré qu’il n’y ait pas du tout d’explication, qu’on se contente de constater que tous les personnages de la BD emploi le même pronom elle et ne comprennent pas ce concept farfelu et oublié qu’est le genre : car oui, en dehors de ça, le regard que portent ses femmes du futur sur notre société présente est très drôle.

NB : outre les incohérences du contexte (auxquelles je m’attendais), j’ai été dérangée par deux choses :

  • Le fait que dans cette société peuplée uniquement de femme, tous les problèmes disparaissent, ce que je trouve un peu essentialiste dans le genre « tous les problèmes viennent des hommes » (je suis d’accord que tous les problèmes sont lié au patriarcat, mais pas aux HommesTM) alors qu’il y a d’autres forme de discriminations que le sexisme et que nier la responsabilité des femmes dans les oppressions me parait une mauvaise idée (car oui, il y a des femmes racistes, validiste, homophobes ou transphobes…). En plus, l’absence de problème crée d’autres incohérences. Par exemple : les femmes construisent un hôpital, mais la médecienne s’ennuie car personne n’est malade. Or : la médecienne elle-même a deux cicatrices de mammectomie, une patiente qui a des problèmes d’angoisse, une autre qui porte des prothèses, et toutes vivent dans un monde qui s’inquiète de sa prochaine extinction dû à la pénurie de sperme pour faire des bébés. Autant de situations qui pourrait occuper une médecienne. Mais non, car apparement s’il n’y avait plus que des femmes sur terre, les maladies seraient éradiquées…
  • A un moment, lors d’une réunion, une femme demande « comment fait-on si on est hétéro ? » et la réponse apportée est « bof, qui était plus ou moins bi de toute façon ? » et tout le monde lève le doigt. Or je trouve assez problématique de propager cette idée selon laquelle tout le monde est naturellement bi, et donc que l’orientation sexuelle/romantique « se choisit ». (En plus, pour la blague, il aurait été très possible de faire répondre une personne aroace qui aurait dit « bienvenue dans ma vie ! »)

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