Les tentacules – Rita Indiana

En 2027, dans une République Dominicaine ravagée par des désastres écologiques qui ont détruit toute forme de vie sous-marine et où règne une technologie ultra-développée, Acilde, adolescente de classe pauvre, est depuis peu la domestique d’Esther Escudero, une prêtresse de la Santería. Elle cherche à vendre illégalement l’anémone que possède sa patronne pour acquérir le Rainbow Bright, une drogue qui lui permettrait de changer de sexe sans intervention chirurgicale. Mais la situation dégénère et Acilde se retrouve en fuite…

Dans les années 2000, Argenis, artiste en perdition, se voit proposer une résidence artistique à Sosùa de la part d’un mécène italien, Giorgio Menicucci, qui souhaite y créer un sanctuaire marin avec sa femme, Linda.

Par un concours de circonstances, Acilde et Argenis se retrouvent en contact avec leurs vies antérieures : Acilde est propulsée en 1991 et Argenis sur un bateau flibustier du XVIIe siècle – à deux époques-clés dans l’histoire des Caraïbes. Parviendront-ils à changer le cours des choses et à empêcher les catastrophes qui ont ravagé leur pays ?

Titre original : …
Traducteurice : François-Michel Durazzo

Livre

Roman

Science-fiction

Représentation

Personnage principal homme trans et bi

Couple d’hommes

TW

Viol + éphébophilie

Racisme

Homophobie

Auteurice

« L’autrice caribéenne Rita Indiana nous livre ici un grand roman politique, décolonial et écologique, qui interroge la responsabilité du capitalisme et des gouvernements, mais aussi la dualité entre l’individualisme et le bien commun. »

Editions

Rue de l’échequier
2020
176p.

+

Avis de Eva

3.5/5

J’ai personnellement beaucoup aimé le dénouement (que je ne peux pas dévoiler sans spoiler l’histoire) mais je reste mitigée sur deux points :

    • La représentation de la transidentité : où le personnage d’Acilde n’est considéré comme un homme (accordé au masculin avec le prono il) qu’au moment où il accède à la Rainbow Brigth (une injection qui est l’équivalent science-fictif d’une SRS totale sans chirurgie). Quand son pénis pousse et que ses seins tombent, la narration dit qu’il devient un « homme complet », alors qu’il était « une fille qui veut changer de sexe » avant cela.
    • Le fait que le livre soit parcouru de descriptions racistes (qui sont là je pense à dessein pour insister sur le fait que le 2e personnage principal, Argentis, est un connard libidineux raciste et homophobe qui ne pense qu’à lui et se croit supérieur au reste du monde. Mais personnellement cela m’a plus sortie de l’histoire que permis de m’immerger dans l’ambiance sombre / glauque / #réaliste) : Le n-word fréquemment utilisé pour décrire de façon péjorative des personnages, un natif caribéen désigné comme « l’indien », des « dreadlocks de rastafari » décrites comme ressemblant à « des crottes de chat » ou « des ficelles d’oignons pourris », le fait que le roman s’ouvre sur une machine à tuer les migrants noirs venus d’Haïti (qui m’apparait être plutôt gratuite dans la mesure où le roman ne reparle plus de cela par la suite)

(+ Les mots pédés et enculés sont utilisés avec la même fréquence que le N-word pour désigner péjorativement des personnages, ce qui n’est pas un mal en soi mais est vite fatiguant)

Dans l’ensemble, je pense que je recommande quand même le livre pour sa fin, mais avec les très gros trigger warning que je viens de signaler.

NB : note que je fais ces observations d’un point de vue de lectorat occidental, et que certaines choses qui me paraissent problématiques sont peut-être à recontextualiser par rapport aux caraïbes dont l’autrice est originaire

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