Du roi je serai l’assassin – Jean-Laurent Del Socorro

Espagne, Andalousie, XVI e siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique. Sinan est un enfant qui vit avec sa soeur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoi à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion…

 

Livre

Roman

Fantasy historique

Représentation

PP Gay/Pan
PP Lesbienne

TW

Violence intrafamiliale
Relations incestueuses
Infanticide
Meurtres
Racisme

Auteurice

Editions

ActuSF
2021
350p

 

+

Célia

Avis de Célia

5/5

Comment se construit l’Histoire ?
Par des traités et des grandes dates ? Par des cartes sur lesquelles on (un « on » immatériel et symbolique) décide des frontières, des guerres et des pouvoirs ? Par les décisions de puissants qui jouent avec les peuples comme avec des soldats de plomb ?
Non, l’Histoire se construit dans la cour d’une maison de Grenade, dans le secret d’une famille musulmane caché derrière la conversion au catholicisme, dans l’amour fou entre un frère et ses deux sœurs, dans les violences paternelles, dans un amour inavoué également. Dans une colère longuement, intimement mûrie.
Jean-Laurent Del Soccorro tisse un Histoire que nous connaissons, celle des Guerres de Religions, en nous faisant passer derrière l’ouvrage, à détailler les multiples fils qui constituent une histoire (pas l’Histoire, car celle qu’il conte est en partie fictive et nourrie de magie)
Des enfants élevés sous de multiples identités, outils politiques de leur père ; des étudiants protestants prêts à tout ; des femmes reléguées au second plan et qui nourrissent leurs ambitions à l’aune du mépris dans lequel la société les laisse ; un homme enfin, quel que soit le prénom qu’il prenne, qui sera toute sa vie sur le fil, entre colère et amour, entre destruction et soin.
Un grand roman, véritablement, de fantasy historique, débarrassé des oripeaux du sexisme et de la virilité à outrance qu’on s’attendrait encore, malheureusement, à trouver dans le genre.
Grâce à Solas. A Rufaida. A Peter. Et à la magique Sahar.

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