L’ombre des oiseaux – Léa Fizzala

Dans une mégalopole saturée par la pollution, deux jeunes filles de milieux opposés se rencontrent lorsqu’un programme écologique qui leur est cher menace d’être formaté.
Pour protéger ces oiseaux virtuels qui pourraient sauver la biodiversité, les adolescentes s’infiltrent dans le milieu du terrorisme écologiste et cherchent une manière de contrecarrer les plans de Texxon, l’entreprise propriétaire de ces animaux.

L’Ombre des oiseaux est une dystopie environnementale qui aborde une possible symbiose entre numérique et nature, mais aussi le deuil et le handicap, le tout sur un ton optimiste où la technologie renferme sa part de poésie.

Livre

Roman

Science-Fiction

Représentation
  • Personnages principaux lesbiens
  • Personnages en situation de handicap.
TW
  • Suicide
Auteurice

Editions

Nats Editions
2022
328

 

+

Avis de Pauline

5/5

Dans la mégalopole tentaculaire de Saramacaz, le taux de pollution est à un tel niveau que l’ensemble de la population est contrainte de porter un Helm, un masque respiratoire recouvrant intégralement le visage. Ce masque, commercialisé par la multinationale Texxon, est également le réceptacle d’une réalité augmentée omniprésente pour ses porteurs : Publicité insistante, sur-information, données personnelles à la vue de tous, jeux et divertissements … Dans ce monde augmenté, c’est la disparition prochaine du programme Lupihaquès et la mort soudaine de son créateur qui réunit Ellie et Anna, deux adolescentes que tout oppose.

Un beau roman de science-fiction à la vision plurielle et humaine qui propose une multitude de questionnements et porte un regard sensible sur le handicap, le deuil, l’activisme, le vivre ensemble, la nature, l’évolution… Le récit est nuancé, tout en subtilité, loin du manichéisme facile et rassurant lorsqu’il est question d’écologie et de points de vue divergents. Ici les parties qui s’affrontent, tout comme les personnages, ont leurs parts de bontés et de noirceurs, de faiblesses et de convictions. De même la technologie, si elle est aussi source d’inégalité, n’est pas un simple monstre à abattre pour s’en libérer. Les réflexions qu’opèrent Ellie et Anna sont plus modérées et nous poussent à nous questionner sur la collusion entre des mondes (virtuel/réel, mais aussi sociaux). Des mondes qui s’ignorent, mais qui cohabitent malgré tout et s’influencent mutuellement. 
Le combat d’Ellie et de Anna, c’est celui de défendre la poésie qui enchante le quotidien, le “non utile” dans un monde consumériste à l’extrême et qui est aveugle à la disparition de la beauté. Pour Ellie et Anna, au-delà de sauver les oiseaux, c’est défendre le rêve et l’espoir.

Ce premier roman permet de découvrir (si ce n’était pas encore le cas) la plume sensible de Léa Fizzala qui s’illustre aussi par l’écriture des nouvelles. Pour l’anecdote, une nouvelle a précédé la rédaction de ce roman. Il s’agit de Lupihaquès, publiée dans le numéro 57 de Galaxies et 3e place au Concours Alain Le Bussy en 2018. Les événements de cette nouvelle, où l’on retrouve d’ailleurs le personnage de Anna, sont évoqués dans L’Ombre des oiseaux.

La très belle couverture est signée Marlo Canovsky

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