Le Gambit du renard – Yoon Ha Lee

T1 : Le Gambit du renard

Le capitaine Kel Cheris tombe en disgrâce après avoir utilisé des armes non conventionnelles lors de sa dernière affectation. À sa grande surprise, elle est promue général à titre temporaire par le commandement Kel qui lui confie une mission d’une importance vitale pour l’Hexarcat, le système des six factions : mater une hérésie en cours dans la forteresse des Aiguilles Diffuses. Seulement cette promotion est assortie d’une terrible condition : ancrer en elle l’esprit du général Shuos Jedao, ancien traître et fou sanguinaire mort depuis des siècles, mais stratège de génie qui n’a jamais perdu une bataille. 
Que cachent les six factions à Kel Cheris ? Que sait exactement Jedao et, surtout, qui fut-il réellement ? 

Le Gambit du Renard est un space opera d’une richesse et d’une profondeur rares. Il a reçu le prix Locus du premier roman et a été finaliste des deux plus prestigieux prix du genre : les prix Nebula et Hugo.

« Superbe, violent et débordant de cet audacieux esprit d’invention qui fait la marque de la meilleure science-fiction, Le Gambit du Renard est un roman parfaitement accompli. Yoon Ha Lee fait une entrée spectaculaire dans le genre. » Alastair Reynolds

Yoon Ha Lee est un écrivain américain d’origine coréenne. Il a écrit de nombreuses nouvelles avant de publier son premier roman, Le Gambit du Renard.

Titre original : Ninefox Gambit, 2016
Traducteurice : Sébastien Raizer

T2 : Le stratagème du corbeau

Titre original : Raven Stratagem, 2017
Traducteurice : Sébastien Raizer

Livre

Roman
Space opera militaire

Représentation

Surtout à partir du T2, on voit que l’univers fonctionne selon une autre norme, non-cishétérocentré :

  • Personnages centraux issus de famille tri-parentale (3 pères, ou 2 mère et 1 père, désigné en fonction de leur age plutot que de leur genre)
  • Existence de trois genre : hommes, femmes et alters (pronom iel), les trois pouvant être au sommet de la hierarchie
  • Mention d’au moins trois personnages ayant transitionné
  • Le personnage principal (Jedao, qui est bi) est genré au masculin par absolument tout le monde y compris quand il « habite » dans le corps féminiforme de Cheris (le mot féminiforme est issu du livre)

 

TW

Guerres, massacres de masse et meurtres

Génocide (T2)

Inceste

Psychophobie : Beaucoup de personnages parlent de « la folie » comme quelque chose de mal ou comme seule explication au meurtre de masse (mais l’histoire tend à leur donner tord)

Auteur

Yoon Ha Lee est un écrivain américain d’origine coréenne. Il a écrit de nombreuses nouvelles avant de publier son premier roman, Le gambit du Renard.

Editions

Denoël
2018
384p

2020
416p

Poche
FolioSF 2019 2021

+

Coup de cœur Eva

Avis de Eva

5/5

Tome 1 très prometteur !

On y découvre une société hyper-normée où tout repose sur les mathématiques et où les gens sont, logiquement, réduit à l’état de chiffres dans des équations. Kel Cherris, l’héroïne, fait partie de la main armée de cet ordre calendaire (l’Hexarcat) : les Kel (qui reçoivent un instinct de formation les forçant à obéir à n’importe quel ordre).

C’est un roman que l’on devine très érudit (Yoon Ha Lee est mathématicien et cela se sent, très forte résonance avec mes années de mathsup/école d’ingé) mais aussi très dur (il y est question de la guerre, de la déshumanisation, de l’inertie du système).

Le général Jedao avec qui Kel Cherris va devoir cohabiter est unanimement considéré comme un traitre et un fou pour un acte de haute trahison commis dans le passé. Mais les choses ne sont pas si simples. Ses idées sortent de la norme telle que fixée par le Calendrier ; mais c’est peut-être une bonne chose. Après tout, la principale hérésie calendaire que combat l’Hexarcat (et les Kel en première ligne) : c’est la démocratie.

T2 encore meilleur !

J’avais déjà été impressioné par l’univers mathématiques du T1 (la strategie du corbeau) qui présentait un monde dystopique où tout (y compris les structures sociale et le libre arbitre des gens) est contrôlé par des équations savantes. On sens que l’auteur est mathématicien, et ça fait d’autant plus plaisir que ce n’est pas vain.
Mais ce T2 (le stratagème du corbeau) surpasse pour moi le 1er opus : on a le point de vue de trois perso donc on voit davantage de l’univers, et notamment… son côté très queer (plus discret dans le T1) : les structures familiales ne sont quasi jamais hétéro et ne reposent d’ailleurs pas sur les couples (deux personnages centraux sont issus de familles composées respectivement de 3 pères, et de 2 mères et un père, désignés en fonction de leur âge plutôt que de leur genre), il y a trois genres (hommes, femmes, et alters qui utilisent le pronom iel) ce qui ne questionne personne, on mentionne au moins trois personnages (importants) ayant transitionnés, et personne n’a la moindre difficulté à genrer au masculin le personnage central de cette saga (Jedao) quand bien même il se promène dans un corps dit feminiforme. Franchement : ça fait plaisir++
Ce n’est pas une lecture facile (en terme de complexité ET de thématiques, TW listés ci dessous) mais il y a tout ce que j’aime : un univers complexe, politique et queer, où la violence n’est pas gratuite.
Je n’aurais pas cru dire un jour tant de bien d’une saga de sf militaire (ce qui prouve que j’ai la mémoire courte car j’avais déjà adoré les étoiles sont legion de Kameron Hurley), mais il ne fait aucun doute que je chroniquerai tout ceci sur mon blog dès que j’aurais lu le T3

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